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« Si ces jeunes sont notre avenir, alors c’est la fin d’Israël »
Merci Rachida El Azzouzi pour cet article dans Médiapart
Des milliers de jeunes suprémacistes juifs ont défilé dans la Vieille ville de Jérusalem jeudi 14 mai pour commémorer l’annexion de la partie palestinienne en 1967. Une parade raciste et violente qu’ont tenté de contenir des militants pacifistes.
Jérusalem-Est occupée. – Sous les insultes, un homme est escorté de force vers la porte de Damas (Bab al-amud, en arabe). Des soldats le poussent brutalement. Il protège sa tête avec ses bras, indigné d’être expulsé alors qu’il est venu, une fleur à la main, assurer « une présence protectrice » auprès de la population palestinienne.
Les militants pacifistes pour seul rempart
Dès le matin, ils déferlent par dizaines sur les quartiers musulmans, chrétiens et arméniens et font face aux militant·es pacifistes de divers mouvements venus protéger résident·es et échoppes palestiniennes. Les gilets violets de Standing Together sont de loin les plus nombreux.
Les gilets violets de Standing Together sont de loin les plus nombreux
« Nous sommes 300, trois fois plus que l’année précédente ! », s’enthousiasme Tomer Lev, 27 ans, stationné avec une dizaine de camarades le long de la Via Dolorosa, pour les chrétien·nes « le chemin de souffrance» du Christ lors de sa crucifixion, près de la porte des Lions (Bab el asbat, en arabe).
« Notre mot d’ordre, c’est la désescalade. On s’interpose de tout notre corps entre les colons et les Palestiniens », explique le jeune homme, étudiant en master d’études culturelles à l’université hébraïque. Il voit dans son engagement « une dimension juive »
Le 7-Octobre a été un détonateur [pour Tomer] : « On doit construire un avenir partagé avec les Palestiniens. » Il s’est alors engagé aux côtés de Standing Together. Depuis sept ans, il vit à Jérusalem, « une ville faite pour la coexistence, pas la ségrégation ». À ceux qui estiment que la «coexistence » est un mirage, à même de normaliser l’occupation plutôt que de la combattre, il répond :
Je ne vois pas ce que nous pourrions faire de plus que de mettre notre corps en jeu. Venez nous rejoindre.
“If these young people are our future, then it’s the end of Israel.”
Thousands of young Jewish supremacists marched through Jerusalem’s Old City on Thursday, May 14, to commemorate the annexation of the Palestinian part of the city in 1967. It was a racist and violent parade that peace activists tried to contain.
Occupied East Jerusalem — Amid a barrage of insults, a man is forcibly escorted toward the Damascus Gate (Bab al-Amud in Arabic). Soldiers shove him roughly. He shields his head with his arms, outraged at being expelled when he had come, flower in hand, to provide a “protective presence” for the Palestinian population.
Peace Activists as the Only Barrier
From early morning onward, they pour by the dozens into the Muslim, Christian, and Armenian quarters, where they confront peace activists from various movements who have come to protect Palestinian residents and shopkeepers. By far the most numerous are the purple vests of Standing Together.
By far the most numerous are the purple vests of Standing Together.
“We are 300 — three times more than last year!” says 27-year-old Tomer Lev enthusiastically, stationed with about ten comrades along the Via Dolorosa — “the path of suffering” followed by Christ during his crucifixion for Christians — near the Lions’ Gate (Bab el-Asbat in Arabic).
“Our watchword is de-escalation. We physically place ourselves between the settlers and the Palestinians,” explains the young man, who is pursuing a master’s degree in cultural studies at the Hebrew University. He sees in his activism “a Jewish dimension.”
For Tomer, October 7 was one of the turning points: “We have to build a shared future with the Palestinians.” That was when he joined Standing Together.
He has lived in Jerusalem for seven years, describing it as “a city made for coexistence, not segregation.” To those who argue that “coexistence” is an illusion that risks normalizing the occupation rather than fighting it, he replies:
I don’t see what more we could do than put our bodies on the line. Come join us.
